Prix Sony Labou Tansi des Lycéens·nes 2020
Une enfant avance au milieu de ruines. Elle parle, joue, se souvient, invente peut-être. La guerre a tout déplacé : les corps, les frontières, les rêves et jusqu’aux mots eux-mêmes. Entre ses bras, une étrange poupée barbue devient refuge fragile, compagnon de survie et trace déformée d’une enfance fracassée.
Avec La Poupée barbue, le dramaturge camerounais Édouard Elvis Bvouma fait entendre la voix d’une jeune gille prise dans la violence des conflits armés, passée des camps de réfugiés aux mains des chefs de guerre. Pourtant, ce texte ne se réduit jamais au constat. Traversé d’humour noir, d’élans tendres et d’images fulgurantes, il avance comme une traversée intérieure où l’imaginaire continue de lutter contre l’effondrement.
Le metteur en scène ivoirien Souleymane Sow choisit l’épure et l’intensité. Lumières, musiques, chants et travail du corps composent un espace mouvant, entre refuge mental et champs de bataille intime. Porté par une interprétation habitée, le spectacle nous place au plus près d’une parole que l’on préférerait parfois ne pas entendre, parce qu’elle raconte ce que les guerres font aux vivants, et ce qui, malgré tout, refuse encore de céder.
Autour du spectacle
Rencontre croisées La Poupée barbue et Silence le vendredi 02/10 à la maison des Francophonies