¶ Refuser l’isolement
Face à la menace, dans un monde de crises et avec des moyens qui continuent de manquer, nous faisons bloc dès cette année en fusionnant nos énergies en un seul et unique grand rendez-vous : les Zébrures, festival des écritures et des créations théâtrales. Plus qu’une vitrine, c’est notre quartier général. Un espace de combat, de vie et de création théâtrale à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine.
Cette édition sera un acte de reniement du silence, articulé autour de deux axes majeurs :
– Des lectures de textes inédits, des écritures francophones percutantes, sans filtre, venues des quatre coins du globe. Parce que « la vérité traverse le feu sans se brûler », ces voix doivent être entendues.
– Des créations inédites, fortes, fières, nées du courage de compagnies qui refusent de s’avouer vaincues malgré l’adversité financière.
Aujourd’hui, acheter un billet pour les Zébrures, franchir les portes du théâtre, ce n’est plus seulement être spectateur : c’est entrer en résistance.
C’est refuser de voir s’éteindre les lumières de la pensée et du sensible.
Le théâtre est debout. Venez prendre votre place dans la mêlée.
★ Allumer les feux de la résistance
Regardons la réalité en face : on asphyxie le théâtre. Ce que subissent aujourd’hui les compagnies, les artistes et nos structures n’est rien de moins qu’un plan de retrait forcé. Entre les budgets qu’on tranche à la hache et les financements qui s’évaporent, on tente de condamner la scène au silence. Malheureusement, nous avons dû, en dernière minute, annuler la programmation de Requiem pour un théâtre, une création proposée par une compagnie indienne avec dix artistes et techniciens·nes, pour laquelle les moyens nécessaires n’ont pas été rassemblés..
On nous prédit la disparition du théâtre ? Si oui, nous répondons par l’insoumission. On aura beau plonger la culture dans la crise, elle ne renoncera jamais à sa nature profonde, qui est de mordre, de bousculer et de vivre.
C’est fort de cette colère constructive que les Francophonies - Des écritures à la scène font front. Puisque « quand la case de ton voisin brûle, tu dois lui apporter de l’eau », car « quand le bâtiment du voisin brûle, le tien est en danger ».
Hassane Kassi Kouyaté, Directeur